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    L'Equipe.fr
    jeu. 31 décembre 2020 à 10:00 AM UTC+1

    Au cours de cette année particulière, de nombreuses personnalités du monde du sport, de Kobe Bryant à Maradona, se sont éteintes. 1er janvier : David Stern (77 ans)
    Ancien « commissioner » de la NBA pendant trente ans et grande figure du basket pour avoir révolutionné la Ligue, il n'a pas survécu à une hémorragie cérébrale. 3 janvier : Nathaël Julan (23 ans)
    Formé au Havre et recruté par Guingamp, le jeune attaquant a été victime d'un accident de la route, après un entraînement. 12 janvier : Paulo Gonçalves (40 ans)
    Le motard portugais s'est tué sur la septième étape du Dakar, à la suite d'une chute, à 40 ans. Il avait terminé deuxième de l'épreuve en 2015. 24 janvier : Robert Rensenbrink (72 ans)
    Ex-star d'Anderlecht, passée ensuite par Toulouse, et membre de la génération Cruyff avec la grande équipe des Pays-Bas dans les années 70, il a été finaliste des Coupes du monde 1974 et 1978. Quelques mois plus tard, le 12 juillet, son ancien coéquipier Wim Suurbier s'en allait lui aussi. 26 janvier : Kobe Bryant (41 ans)
    Le choc. Légende du basket américain et des Lakers, « The Black Mamba » a été victime d'un accident d'hélicoptère en Californie. 9 février : Jean Fournet-Fayard (88 ans)
    Le dirigeant avait pris la succession de Fernand Sastre à la présidence de la Fédération française de football, de 1985 à 1993. 3 mars : Nicolas Portal (40 ans)
    Ancien coureur, reconverti comme directeur sportif chez Sky puis Ineos, le Français est décédé subitement d'un arrêt cardiaque. 26 mars : Michel Hidalgo (87 ans)
    Après une riche vie de joueur (Reims, Monaco), il s'était tourné vers le poste de sélectionneur des Bleus, avec lequel il avait décroché l'Euro 84. Le premier trophée majeur du foot français. 31 mars : Pape Diouf (68 ans)
    Ex-journaliste, agent, et surtout président de l'OM entre 2005 et 2009, le Franco-Sénégalais est mort du coronavirus. 12 avril : Stirling Moss (90 ans)
    Le pilote anglais, touche-à-tout, et bon partout, s'était notamment fait connaître sur les circuits de Formule 1 (onze saisons de 1951 à 1961). Seize victoires en 66 courses, mais aucun titre. D'où l'expression de « champion sans couronne ». 27 avril : Robert Herbin (81 ans)
    Grande figure de l'histoire des Verts, emmenés jusqu'en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1976, « le Sphinx » a été emporté par des complications cardiaques et pulmonaires. 16 mai : Jacques Crevoisier (72 ans)
    Formateur puis consultant, il avait notamment été un fidèle de Gérard Houllier, à la Direction technique nationale comme à Liverpool. Tous deux sont partis à quelques mois d'intervalle. 14 juin : Luce Douady (16 ans)
    Elle était une véritable promesse de l'escalade tricolore, avec les Jeux de Paris 2020 en ligne de mire. Mais un accident lors d'une sortie lui a été fatal. 10 juillet : Jacky Charlton (85 ans)
    Champion du monde avec l'Angleterre en 1966 avec son frère Bobby, mais aussi Nobby Stiles, mort le 30 octobre, « Big Jack », homme d'un club (Leeds), était un illustre défenseur central. 1er août : Alex Dupont (66 ans)
    Coach charismatique, passé sur les bancs de Dunkerque, Gueugnon, Sedan ou encore Brest, est décédé d'une crise cardiaque. Il avait soulevé la Coupe de la Ligue 2000 avec les Forgerons. 31 août : Jean-Baptiste Mendy (57 ans)
    Le Français, élégant sur un ring, et dans la vie tout court, était devenu champion du monde des légers en 1991. 20 octobre : Bruno Martini (58 ans)
    Réputé pour son intelligence et sa discrétion, l'ancien gardien d'Auxerre, entre autres, et de l'équipe de France a été emporté par une crise cardiaque. Il travaillait au centre de formation du MHSC. 15 novembre : Ray Clemence (72 ans)
    Disparu après un long combat contre la maladie, le gardien de but aux plus de 1 100 matches professionnels demeurera une légende à Liverpool, gagnant notamment trois C1 et cinq titres de champion. 24 novembre : Christophe Dominici (48 ans)
    Référence du Championnat (cinq Brennus au compteur) et du rugby tricolore plus largement (67 sélections, 125 points), l'insaisissable ailier restera comme un des héros du succès sur les All Blacks en 1999. 24 novembre : Jacques Secrétin (71 ans)
    C'est le pongiste français le plus titré. Champion d'Europe en simple en 1976 et champion du monde en double mixte en 1977, il s'était construit un magnifique palmarès et s'était distingué par sa longévité au plus haut niveau. 25 novembre : Diego Maradona (60 ans)
    Assurément l'un des plus grands joueurs de tous les temps. Aussi génial sur un terrain que controversé en dehors, il était un Dieu pour les Argentins (et bien d'autres). Ses soucis de santé ont fini par l'emporter. 29 novembre : Papa Bouba Diop (42 ans)
    L'ex-international sénégalais avait marqué l'unique but face à la France lors du Mondial 2002. Il était atteint de la maladie de Charcot. 9 décembre : Paolo Rossi (64 ans)
    L'attaquant italien de la Juventus avait vécu une année 1982 folle, régnant lors de la Coupe du monde en Espagne et enlevant le Ballon d'Or. 14 décembre : Gérard Houllier (73 ans)
    Ou comment un instit' et professeur d'anglais a, entre autres, réussi à être champion de France avec le PSG (1986) et l'OL (2006, 2007), encadrer les Bleus et diriger Liverpool (cinq titres en 2001). Un des plus grands managers français. 14 décembre : Jean-Pierre Lux (74 ans)
    L'ancien trois-quarts centre de Dax et du XV de France, pendant les années 70, avait ensuite gardé de son influence au sein des instances (LNR, ERC, FFR).


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  • Comment le Portugal a préparé à la fois le présent et l'avenir

    Futur adversaire de l'équipe de France, le Portugal de Fernando Santos n'a jamais semblé aussi fort. Focus sur une sélection qui a su se rendre compétitive tout en préparant déjà l'avenir.

      Renato Sanches et Francisco Trincao face à l'Espagne ©Maxppp

    C'est un sacré choc qu'offre la troisième journée de Ligue des Nations avec un choc entre d'un côté la France championne du monde en titre et le Portugal tenant en titre de la compétition ainsi que de l'Euro. Un statut particulier pour le Portugal qui a souvent souffert de son étiquette de "perdant magnifique". Très pragmatique, mais pas fermé au beau jeu, Fernando Santos a d'abord constitué un groupe solide mêlant les anciens (Rui Patricio, Pepe, José Fonte, Joao Moutinho, Cristiano Ronaldo) avec la jeune génération montante (Bernardo Silva, Raphaël Guerreiro, Renato Sanches) ce qui a conduit au succès lors de l'Euro 2016. Huitième de finaliste de la Coupe du monde 2018, le Portugal a alors mis l'accent un peu plus sur la jeunesse. Tout juste transféré à la Juventus, Cristiano Ronaldo avait mis pendant quelques mois la sélection sur pause et cela a bien aidé Fernando Santos dans son processus de rajeunissement de l'équipe. Ainsi, Bruno Fernandes, Joao Felix, Joao Cancelo, Nelson Semedo, Ruben Neves ou encore Diogo Jota ont apporté leur touche à l'effectif vainqueur 1-0 de la Ligue des Nations contre les Pays-Bas. Un peu plus d'un an plus tard force est de constater que le Portugal est sur la bonne voie. Qualifiée pour l'Euro 2020 qui se déroulera en 2021, la Seleção das Quinas a aussi idéalement débuté contre la Croatie (4-1) et la Suède (2-0) en Ligue des Nations. Affinant son groupe, Fernando Santos a défini une hiérarchie.

     

    Dans les buts, Rui Patricio (32 ans) fait figure d'indiscutable depuis l'Euro 2012. Le portier de Wolverhampton est bien accompagné puisque sa doublure Anthony Lopes (30 ans) ne manque pas de référence et dispose d'un niveau similaire. Pour le troisième poste, deux éléments plus jeunes sont en concurrence, Rui Silva (Grenade, 26 ans) et José Sà (Olympiakos, 27 ans). Tous les deux sur de bonnes dynamiques, ils composent un secteur très concurrentiel. Surtout que le jeune Luís Maximiano (Sporting CP, 21 ans) ne devrait pas tarder à taper à la porte. Au poste de latéral droit on peut difficilement faire mieux avec Nelson Semedo (Wolverhampton, 26 ans), Joao Cancelo (Manchester City, 26 ans) et Ricardo Pereira (Leicester City, 27 ans) qui se battent pour les deux places. Trois joueurs très talentueux qui font partie des références mondiales à ce poste et qui ont encore de belles années devant eux. Avantage sur les derniers rassemblements à Joao Cancelo qui reste sur de belles performances et a profité de la longue blessure de Ricardo Pereira. Derrière, Diogo Dalot (AC Milan, 21 ans), Tomás Tavares (Hertha BSC, 19 ans) et Thierry Correia (Valencia CF, 21 ans) ont également de très beaux potentiels.

    Un vivier de grande qualité

    Sur le flanc gauche, Raphaël Guerreiro (Borussia Dortmund, 26 ans) est indiscutable depuis plusieurs années et dispose d'une solide doublure avec Mario Rui (Napoli, 29 ans). Certes, Nuno Sequeira (Braga, 30 ans) a suppléé ce dernier pour ce rassemblement d'octobre, mais la hiérarchie ne semble pas en mesure d'évoluer. Le seul qui pourrait changer les choses à court ou moyen terme est Ruben Vinagre (Olympiakos, 21 ans). Intéressant à Wolverhampton avant d'être prêté en Grèce, il pourrait toquer à la porte des A dans le futur comme Nuno Mendes (Sporting CP, 18 ans) et Nuno Tavares (Benfica, 20 ans). Il ne faut pas oublier aussi Kévin Rodrigues (26 ans, Eibar) qui a déjà connu plusieurs rassemblements et 3 capes. La défense centrale semble offrir de son côté moins de perspectives d'avenir avec Pepe (FC Porto, 37 ans) qui semble arriver sur la fin de sa carrière. Certes, Ruben Dias (Manchester City, 23 ans) est un joueur fiable, mais il devra continuer de s'affirmer et montrer qu'il peut être un patron en l'absence de l'ancien joueur du Real Madrid. José Fonte (Lille, 36 ans) fait toujours partie du groupe, mais ne devrait pas rester encore très longtemps compte tenu de son âge. Daniel Carriço (Wuhan Zall, 32 ans) et Pedro Mendes (Montpellier, 30 ans) ont été récemment appelés, mais n'auront certainement pas trop de perspectives. Ferro (Benfica, 23 ans), Domingos Duarte (Grenade, 25 ans) et Ruben Semedo (Olympiakos, 26 ans) se battront pour une place dans le groupe et pourquoi pas épauler à terme Ruben Dias après les retraites de Pepe et José Fonte. Cependant, ces trois éléments démontrent des limites à un certain niveau. Eduardo Quaresma (Sporting CP, 18 ans) et Diogo Leite (FC Porto, 21 ans) pourraient aussi s'insérer dans la lutte à terme.

    Au milieu de terrain, il y a pléthore de talent, si bien que Bernardo Silva doit évoluer un cran plus haut en tant qu'ailier. En tant que sentinelle, ils sont trois à régulièrement jouer, Ruben Neves (Wolverhampton, 23 ans), Danilo Pereira (Paris Saint-Germain, 29 ans) et William Carvalho (Real Betis Balompié, 28 ans). Si le dernier a plus ou moins perdu sa place suite aux blessures et à ses prestations décevantes en Espagne, les deux autres sont des titulaires importants. On pourrait aussi compter Florentino Luis (AS Monaco, 21 ans) et Joao Palhinha (Sporting CP, 25 ans) comme de potentiels apports à la sélection pour le futur. Dans des postes de relayeur, il y a déjà le vétéran Joao Moutinho (Wolverhampton, 34 ans) et Renato Sanches (Lille OSC, 23 ans) qui sont présents dans les derniers rassemblements. André Gomes (Everton, 27 ans), Gedson Fernandes (Tottenham, 22 ans) et Sergio Oliveira (FC Porto, 28 ans) sont également des joueurs pouvant faire partie des 23 de la sélection de Fernando Santos. Pouvant évoluer plus haut, mais indiscutable au milieu du terrain, Bruno Fernandes (Manchester United, 26 ans) est l'un des maîtres à jouer de cette équipe et prend de plus en plus d'importance.

    En attaque, le Portugal ne manque pas de talent avec un trio savoureux constitué de Cristiano Ronaldo (Juventus, 35 ans), Bernardo Silva (Manchester City, 26 ans) et Joao Felix (Atlético de Madrid, 20 ans). Les trois hommes ont certes encore besoin de travailler certains automatismes, mais ce trio offensif devient de plus en plus solide. Installée lors du Final Four de la Ligue des Nations 2019, cette ligne offensive a pour vocation de durer. L'avantage c'est que le banc est assez fourni en individualités et encore une fois ce sont des éléments assez jeunes avec une belle marge de progression. Sur les ailes on retrouve donc Rafa Silva (Benfica, 27 ans), Gonçalo Guedes (Valence, 23 ans), Daniel Podence (Wolverhampton, 24 ans), Pedro Neto (Wolverhampton, 20 ans), Ricardo Horta (Braga, 26 ans), Francisco Trincao (Barcelone, 20 ans), Gelson Martins (Monaco, 25 ans), Rony Lopes (Nice, 24 ans) ou encore Helder Costa (Leeds, 26 ans). Tant d'éléments qui témoignent d'une belle profondeur d'effectif. Seul point noir, l'absence d'un véritable avant-centre de métier pouvant être titulaire puisque André Silva (Eintracht, 24 ans) alterne souvent le chaud et le froid. Prometteurs, Fabio Silva (Wolverhampton, 18 ans) et Rafael Leao (AC Milan, 21 ans) semblent encore trop tendres pour assumer ce rôle. Avec un effectif jeune et fourni, le Portugal n'a jamais été aussi bien armé avant d'aborder des compétitions internationales. Comme si la victoire lors de l'Euro 2016 avait enfin libérer un grand pays football à qui on a longtemps collé l'étiquette de perdant magnifique.

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  • Quant à Grizi (120 M€, été 2019), sa première saison a été plutôt médiocre et il faudra au moins attendre la saison prochaine avant de le ranger dans la catégorie des flops, mais le moins que l'on puisse dire c'est que c'est plutôt mal parti. Trois noms qui cristallisent l'attention, mais il y en a bien d'autres qu'on a oubliés. En 2015, juste après le titre, le FC Barcelone a par exemple mis plus de 50 millions d'euros sur la table pour le duo Arda Turan (Atlético de Madrid) - Aleix Vidal (Séville FC), pour un retour sur investissement ridicule tant sur le plan sportif que financier, puisque le Turc s'en est allé pour 0€ au terme de son contrat il y a quelques semaines. L'été suivant, le club sort encore le chéquier et recrute de nombreux éléments qui s’avéreront être des gros ratés, comme le duo de Valence composé d'André Gomes et LE FC BARCELONEde Paco Alcacer, coûtant respectivement 35 et 30 millions d'euros chacun, avec là aussi un apport sportif très léger et de l'argent perdu à la revente. En plus de Samuel Umtiti (25 M€), qui aura tout de même bien répondu sur le terrain pendant deux saisons avant de sombrer, le club avait aussi mis 16,5 M€ et 13 M€ sur la table pour Lucas Digne et Jasper Cillessen.


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    Bologne : la très belle histoire de Musa Juwara, ce réfugié qui a marqué en Serie A

    Contre Bologne lors de la 30e journée de Serie A, l'Inter Milan a chuté devant les buts de deux Gambiens, Musa Juwara et Musa Barrow. Le premier a un parcours pour le moins singulier puisqu'il a fuit son pays afin de vivre son rêve : devenir footballeur professionnel. Focus.

    Musa Juwara qui égalise avec Bologne contre l'Inter Milan Musa Juwara qui égalise avec Bologne contre l'Inter Milan ©Maxppp

     

    Le sport et notamment le football est l'un des rares cas où l’ascenseur social fonctionne très bien. Nombreux sont les exemples de joueurs ayant quitté une pauvreté et une précarité immense. Carlos Tevez, Luis Suarez, Sadio Mané ou encore Luka Modric, les belles histoires sont nombreuses. En octobre 2018, nous vous avons fait part de la très belle histoire d'Awer Mabil, ce joueur d'origine soudanaise au passif de réfugié. Ailier naturalisé australien, il est devenu international et s'épanouit avec le club danois du FC Midtjylland. Preuve que même après un parcours semé d’embûches, il est possible de réussir dans le football. Le parcours est différent, mais tout aussi complexe pour Musa Juwara.

    Il y a 18 ans, il voit le jour en Gambie. Naître dans un pays dont le PIB est de 778 dollars (par habitant) n'offre pas forcément de grandes chances de réussite. Surtout que d'après les chiffres de la Banque mondiale, 48,6% de la population gambienne vit sous le seuil de pauvreté. C'est le cas de Musa Juwara qui connaît une enfance difficile. Élevé par ses grands-parents, il peut néanmoins compter sur une famille unie et aimante. Musa Juwara souhaite faire carrière. Chose peu aisée en Gambie puisque les joueurs ayant fait une grande carrière sont peu nombreux. Il y a l'exemple de Biri Biri, premier joueur africain à devenir professionnel lorsqu'il a rejoint le Danemark dans les années 1970'. Ce dernier a d'ailleurs porté le maillot de Séville entre 1973 et 1978. Dans la sélection des Scorpions, quelques joueurs se distinguent comme Oumar Colley (Sampdoria) ou Musa Barrow (coéquipier de Musa Juwara à Bologne), mais leur parcours a été compliqué. Le premier a d'ailleurs rejoint la MLS et Kansas City avant d'être contraint de repartir au pays. Il devra passer par la Finlande (KuPS) et la Suède (Djurgårdens IF) avant de rejoindre une ligue majeure. Un problème d'exposition qui touche clairement les joueurs gambiens. Pour espérer devenir professionnel, Musa Juwara va alors décider de quitter son pays afin de rallier l'Italie.

    Adopté par l'Italie

    Pour cela, il va se lancer dans un long périple de 7 mois en 2016 à travers l'Afrique traversant le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Libye avant de prendre une embarcation de fortune afin de rejoindre l'Italie. Un long voyage où il traversera sept pays dans des conditions très compliquées. Seul et âgé de 14 ans, il a pu compter sur le soutien de son grand frère pour financer son trajet. Seulement doté du strict minimum et ne savant pas nager, il accoste finalement les côtes italiennes. Un salut qu'il doit en particulier à l'ONG allemande Sea Watch qui a secouru en pleine mer son bateau où près de 500 migrants se trouvaient à bord. Ensuite accueilli par la Croix Rouge en Sicile, il va rejoindre un centre accueil dans la province de Potenza, dans la région de Basilicate. Un couple italien va alors donner un toit au jeune gambien. Devenus très vite proches de lui, Vitantonio Summa et Loredana Bruno vont lui permettre de sortir de cette épreuve difficile. Choyé et aimé, Musa Juwara va s'épanouir avec ses parents d'adoption et poursuivre son rêve.

    Rejoignant le club local de Virtus Avigliano, il retrouvera ses sensations balle au pied. Doté de qualités supérieures à la moyenne, il fait vite sensation au niveau amateur dans des équipes jeunes et les clubs professionnels se rapprochent de lui. Cependant, une autre difficulté va se dresser devant lui. La juridiction est très particulière et protège ainsi les migrants d'une quelconque exploitation. La Fédération Italienne de Football (FIGC) empêche ainsi les joueurs mineurs d'être recrutés par un club professionnel. Une protection qui bloque Musa Juwara dans son parcours. Ne comprenant pas ce problème administratif, il pourra néanmoins être accompagné par ses tuteurs dans cette lutte afin de rejoindre un club. La Juventus et l'Inter ne souhaiteront pas le faire signer après l'avoir observé, mais le Chievo Vérone insiste et le recrute avant la saison 2017/2018. Jouant avec la Primavera, il inscrit 8 buts en 15 rencontres et confirme la saison suivante (8 buts en 33 matches). Si bien qu'il fait ses débuts en Serie A le 25 mai 2019 lors d'un match contre Frosinone (0-0). L'ailier, qui peut aussi jouer en pointe de l'attaque, convainc alors Bologne de le signer à l'été 2019. Les Rossoblù flairent la bonne affaire et déboursent 500 000 euros pour le jeune gambien. Un recrutement qui s'avère vite payant.

    Un but pour l'histoire

    Doté d'un gros potentiel, il a tout pour réussir avec Bologne comme nous explique Matteo Dalla Vite, journaliste pour la Gazetta dello Sport : «oui (je m'attendais à son éclosion ndlr), parce qu'ils en parlaient en bien et parce que je l'avais vu au travail au Chievo et avec la réserve. Et parce que c'est un garçon plein de courage et de culot. Je l'ai rencontré personnellement, il est très intelligent, fort. Il a vécu une histoire folle, il a traversé l'Afrique à l'âge de 14 ans pour poursuivre un rêve. Des situations de ce genre vous font grandir, et vous font devenir rapidement un adulte.» D'abord laissé au service de l'équipe réserve, il s'adapte très vite en inscrivant 13 buts en 18 matches. Utilisé en Coupe d'Italie le 4 décembre dernier, il rejoint définitivement le groupe professionnel au début de l'année 2020. Auteur de 4 rentrées contre l'AS Roma, le Genoa, l'Udinese et la Juventus, il montre de belles choses. Si bien que Sinisa Mihajlovic lui offre plus de temps de jeu contre l'Inter. Entré à la 65e minute alors que les Lombards mènent 1-0, Musa Juwara égalise d'une belle frappe (74e) avant que son coéquipier et compatriote Musa Barrow inverse la donne (79e). Un premier but en tant que professionnel et une belle victoire qui ravit le jeune attaquant. «Tout d'abord, je dois remercier l'entraîneur, car me laisser jouer contre l'Inter n'est pas une mince affaire. Je veux dédier mon premier but de Serie A à ma famille et à tous ceux qui m'ont aidé à arriver ici. Je ne pensais pas que j'entrerais. Je m'entraîne bien, mais je ne pensais pas jouer contre l'Inter. Mais Mihajlovic m'a fait confiance et pour cela, je dois le remercier. Je suis jeune pour jouer et marquer contre l'Inter. C'est un rêve dont je me souviendrai toute ma vie», a-t-il lâché après la rencontre au micro de DAZN.


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    03/04/2020 à 14h45
    Jamie Roberts
     
    Jamie Roberts - ICON SPORT

     

       
       

      A 33 ans, le trois-quarts centre international gallois aux 94 sélections est confiné à Londres à côté de chez ses parents depuis vendredi dernier et ne reste pas inactif dans la lutte contre le coronavirus. Mais à quelques minutes près, il serait resté bloqué en Afrique du Sud.

       

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